Interview – Miss Yellow Army

Irresponsables, paresseux… on entend plein de choses sur les jeunes. Certes il y en a comme il y en a eu à chaque génération, mais il est ridicule de généraliser. Et c’est avec ce nouveau portait que je vais vous prouver qu’en 2016 certains ont envie que ça change, sont motivés et se lancent dans des défis que vous n’auriez pas imaginé. Pour cela, fier de mes origines auvergnates et de mon club de cœur l’ASM (Mon 1er club d’athlétisme et mon 1er club de Rugby en tant du joueur), je vais laisser la parole à Camille, responsable du comité « Miss Yellow Army » nous parler de son rapport au rugby, et de son concept.

Miaous : Peux-tu te présenter?DSC_0508_Version_Article_Logo
Camille : Bonjour, alors je m’appelle Camille, ou Touffe c’est mon surnom sur les réseaux
sociaux, je dois ça à mes cheveux. Je suis étudiante en droit et passionnée de sport, un peu princesse sur les bords il parait mais quand on me connait bien on s’aperçoit vite que derrière l’apparence se cache une fille avec un sacré caractère et un franc parlé, parfois un peu cru !

M : Tu es “Fan” de rugby, pourquoi ce sport ?
C : Je dois avouer que le rugby n’est pas mon premier amour. Depuis toute petite je fais du basketball et j’ai découvert le rugby quand j’avais une dizaine d’année et ce qui m’a tout de suite plus c’est tout ce qu’il y a autour de ce sport, les moments de partage et de convivialité avec les supporters, la ferveur de tout un stade. C’est tellement prenant ! Puis quand on a une équipe qui sait produire du beau jeu c’est d’autant plus agréable.
M : Il y a d’autres sportifs actuellement qui sont au top (Renaud Lavillenie), ce n’est pas un peu cliché de supporter l’Asm à Clermont ?
C : Oui c’est vrai que Clermont est une terre de champions, non seulement Renaud Lavillenie mais on a aussi nos patineurs Guillaume et Gabrielle dont on peut être très fier. Après, j’ai l’impression que depuis le titre en 2010, le Stade Marcel Michelin est devenu « The place to be » et on a vu arriver une nouvelle génération de supporters parce que ça fait bien de se promener en jaune et bleu. Ce n’est pas le cas de tous, je ne ferai jamais de généralité mais c’est un constat. Après je ne pense pas que ce soit pour autant cliché de supporter l’ASM, c’est même un peu inévitable surtout lors des phases finales, c’est toute une ville qui vibre pour ce club. A Clermont on a que le rugby qui est vraiment au plus haut niveau donc dans les autres sports collectifs du coin y’a pas vraiment de concurrence. Ce n’est pas comme à Paris ou Montpellier, ils ont le foot, le hand, le volley, le basket, le rugby … Nous on a une ville réunie autour d’un sport, le rugby et forcément l’ASM.

M : Tu es jeune, jolie et féminine, ce n’est pas trop dur d’évoluer dans ce milieu assez masculin ?
C : Non, c’est même assez plaisant. J’ai toujours eu beaucoup plus d’amis hommes que femmes donc je suis bien avec les copains à boire des bières. Après y’a toujours du chambrage, de la dragouille mais rien de bien méchant, je préfère en rigoler et même en jouer. C’est très cliché, mais l’avantage d’être une femme au milieu de tous ces hommes c’est que les 3èmes mi-temps ne me coûtent pas cher !

M : Tu n’as jamais eu envie de passer de l’autre côté et de chausser les crampons?
C : Oula non, surement le côté princesse. Jouer au rugby comme ça pour s’amuser entre amis oui mais prendre une licence non. Et en plus je n’aurais pas le temps, comment je ferais si j’avais des matchs en même temps que ceux de l’ASM ? Non plus sérieusement, je ne suis pas certaine que je serais une bonne joueuse de rugby.

M : Parles nous de Miss Yellow Army. Quel est le concept ?
C : Ah Miss Yellow Army, c’est mon bébé ce projet. L’idée est de mettre en avant les supportrices, tu le disais c’est un milieu très masculin mais le rugby se féminise de plus en plus et je pense que les femmes ont tout autant leur place dans les stades que les hommes. Alors le terme de miss peut apparaitre péjoratif mais on ne cherche pas une miss traditionnelle, clichée, stéréotypée. Le principe est que toutes les supportrices, de tous les âges, toutes les morphologies, tous les horizons puissent tenter l’aventure, toujours en conservant les valeurs du rugby, à la condition quand même de s’y connaitre en rugby.

M : On ne t’a pas proposé d’être cette représentante ?
C : Haha, si. Quand le projet a été dévoilé, beaucoup de supporters m’ont dit et me disent encore que la Miss Yellow Army c’est moi. Certains m’avaient déjà surnommé comme ça avant sans savoir que je préparais ça. Ça me fait toujours plaisir d’entendre ça mais je ne suis pas là pour faire de la concurrence à mes candidates, bien au contraire. Et honnêtement je préfère être à ma place, c’est beaucoup plus enrichissant et professionnalisant de tout organiser. Grâce à cette aventure j’ai rencontré pleins de personnes très intéressantes et je pense qu’à seulement 20 ans peu de gens ont le même carnet d’adresse que moi.

M : Ça ne doit pas être évident de mener un projet de cette envergure?
C : Ça demande beaucoup d’énergie, de patience, de force de persuasion, de dynamisme, et c’est un investissement quotidien. Comme tout projet y’a des hauts et des bas, des moments où on a envie de tout abandonner, mais le lendemain on se réveille en se disant qu’on va aller au bout et tout faire pour impressionner ceux qui essayent de mettre des bâtons dans les roues. Malgré tout ça reste une très belle expérience et très riche humainement.

M : Etudes, Matchs, Miss Yellow Army, il te reste un peu de temps pour toi après tout ça ?
C : Euh non, je n’arrête jamais, le seul moment que je prends pour moi c’est pour aller à la salle de sport, mais sinon c’est des rendez-vous tous les jours, des heures à passer au téléphone ou par mail… ça fait un mois que je suis en vacances et je n’ai pas arrêté un jour, c’est ma mère qui râle du coup parce qu’elle ne me voit plus !

M : Le futur, nouvelle école, nouvelle ville, tu le vois toujours avec l’Asm?
C : ASM un jour, ASM toujours ! L’année prochaine je pars faire mon master à Limoges, c’est le début de l’indépendance, ça va être un vrai chamboulement mais je ne serai jamais bien loin de ma ville et de mon club. J’ai déjà prévu de revenir pour tous les matchs, le rugby c’est la meilleure des drogues … avec l’amour !
Si vous souhaitez en découvrir un peu plus (ou bien la soutenir dans son projet) je vous invite à la suivre sur les différents réseaux sociaux sur lesquels elle est présente.

https://twitter.com/CamillexASM63
https://twitter.com/missyellowarmy

Et pour la croiser, le plus sûr c’est quand même d’aller voir un match 
https://billetterie.asm-rugby.com/